26.03.2009
Langue sauce piquante et glossaire Hokhma : lettre A
Martine Rousseau et Olivier Houdart, les correcteurs du Monde.fr., "camarades de casse", travaillent parfois à 4 mains : "Nous avons beau “corriger”, écrivent-ils, "nous n’administrons pas de correction, même si nous aimons le langage châtié" (http://correcteurs.blog.lemonde.fr - langue@lemonde.fr ). Ainsi l'équipe Hokhma concernant la réflexion théologique dans la tradition de Calvin, avec son "Glossaire théologique Hokhma" rassemblé au fil des ans par Pierre-Alain Jacot.
Comme l'a souligné l'un des lecteurs de la revue , en touchant aux questions de langage, c'est le Logos qui est en jeu. Tel est le fil rouge de cette nouvelle rubrique sur les thèmes de la langue théologique, des usages académiques et des conventions typographiques : immodeste ! Contrairement à ce glossaire théologique de poche, dont voici venir par étapes l'ensemble.
Voici ce qui commençe par la lettre A et peut être pratique et pratiqué.
Ad majorem hominis gloriam : Formule latine signifiant : Pour la plus grande gloire de l’homme.
Allégorie, allégorique : Texte dont le sens est caché, distinct du sens littéral.
Alliance, allianciel: Pacte entre deux partenaires inégaux, induisant une relation de vassalité où le plus puissant accorde sa protection au plus faible à condition que celui-ci s’engage à respecter les clauses de leur accord. En faisant alliance, Dieu se choisit un peuple qui, en retour, s’engage à obéir à la loi, qui est la charte de l’alliance.
Amillénarisme : Voir millénarisme.
Anamnèse : (du grec anamnèsis signifiant : « action de remettre en mémoire », d’où « souvenir »). Terme technique emprunté au vocabulaire de la psychanalyse. Dans une perspective théologique, peut désigner un geste du culte rappelant, pour les actualiser, les œuvres accomplies par Dieu dans le passé. En philosophie (celle de Platon notamment), il s’agit de l’émergence des idées à la conscience, condition d’accès à la connaissance de l’Etre.
Angélologie : Doctrine concernant les anges.
Anthropocentrisme : Tendance à faire de l’homme le centre du monde et le point de référence de tous les êtres, y compris parfois de Dieu lui-même.
Anthropologie, anthropologique : Conception, vision de l’homme propre à un courant philosophique ou religieux, un auteur ou un ensemble de textes déterminé (« l’anthropologie de l’Ancien Testament »).
Anthropomorphisme : (grec : anthropos « homme » et morphè « forme »). Procédé littéraire ou pensée attribuant à un être non-humain (Dieu notamment) l’image ou un aspect, physique ou moral, de l’homme.
Antinomie (1e fausse) : Elle consisterait à opposer, à tort, les qualités de Dieu les unes aux autres comme si elles étaient contradictoires (son amour à sa justice, sa miséricorde à sa puissance, sa compassion à sa souveraineté…). Or cette opposition n’a aucun répondant biblique. Calvin disait, dans sa langue vigoureuse (et rigoureuse!) : « c’est comme si nous voulions déchirer Dieu par pièces, et toutefois il n’y a qu’union en lui ». Et, de fait, « Dieu est le même dans le tout et dans les parties […] Tout ce qu’il est une fois ou bien d’une manière, il l’est toujours et totalement ». Anselme de Cantorbéry, Proslogion.
Antinomie (2e fausse) : Elle consisterait à opposer, à tort, la souveraineté de Dieu à la responsabilité des hommes pour leurs actions comme si l’une était incompatible avec l’autre. On comprend aussi cette antinomie comme opposant la souveraineté divine à la liberté humaine. On oublie que la liberté humaine, créée, n’est pas absolue (pour les contresens sur la liberté, cf. les chapitres 2 de la première partie et 1 de la seconde). Ces incompatibilités ne sont pas bibliques ainsi qu’il ressort de plusieurs textes dont les plus frappants sont Ac 2,23 et 4,27-28. En conformité avec l’Ecriture Calvin et, à sa suite, A. Lecerf ont constamment rejeté cette antinomie.
Antinomie (Nature-Grâce) : Paire de termes opposés, mais indissociables, définis par leur opposition même ; d’après Dooyeweerd, les motifs fondamentaux* des pensées non-bibliques sont des antinomies : ainsi de la pensée scolastique est dominée par le motif Nature-Grâce, où la Grâce est d’abord comprise comme non-nature (« surnature ») et la Nature comme non-grâce.
Apocalypticiens : Auteurs d’ouvrages présentés comme des « Révélations » (Apocalypses) sur l’au-delà et l’histoire du monde. Assez nombreux dans le judaïsme, du IIe siècle avant J.-C. à la fin du Ier siècle après J.-C., ils attribuaient la paternité de leurs livres à de grands personnages du lointain passé, comme Hénoch, Moïse, etc.
Apocalyptique : Genre littéraire religieux juif, puis chrétien, représenté notamment dans la Bible par Daniel 7-12 et l’Apocalypse de Jean. Par extension, vision théologique du monde et de l’histoire apparentée à celle des écrits apocalyptiques.
Apocatastase : Doctrine du salut final de tous les hommes.
Apocryphes : (grec : « mis de côté ») Ecrits religieux juifs ou chrétiens qui n’ont pas trouvé place dans le canon* biblique.
Aporie : Une aporie est une difficulté d’ordre rationnel apparemment sans issue. La grande aporie concerne l’articulation entre l’éternité* incréée de Dieu et l’espace-temps créé. Nous qui appartenons entièrement au second, ainsi que notre pensée (cf. Kant et les deux formes a priori de l’expérience sensible), nous ne pouvons pas comprendre comment les décisions éternelles* de Dieu s’articulent avec le temps et les lieux de l’histoire. Cette grande aporie est donc fondée et intelligible… comme aporie! Cf. Dt 29,28 ; Qo 3,11 ; Es 55,9 et Rm 11,33.
Apprenante : Société qui réalise un progrès, s’améliore par « adaptation » et « réadaptation ».
Apriorisme, aprioriste : Doctrine qui concerne ce qui est fondé sur des idées a priori, c’est-à-dire antérieures à l’expérience.
Archétype : Evénement, personne ou institution biblique qui sert de modèle ou d’exemple pour d’autres événements, personnes ou institutions.
Arianisme, arien : Hérésie d’Arius (vers 250-336), condamnée en 325 au Concile de Nicée et, de nouveau, en 380-381 à celui de Constantinople, qui nie la divinité de Jésus-Christ. Ses adeptes sont les ariens.
Arminius, arminianisme, arminien : Calvinistes s’écartant de la doctrine orthodoxe de la double prédestination et affirmant que la grâce est offerte à tous, chacun ayant la capacité de l’accepter ou de la refuser. Le mouvement est né en Hollande et a eu pour chef de file l’adversaire de Gomarus, Arminius, également professeur de théologie à Leyden (1560-1609). Les frères Wesley furent qualifiés d’arminiens en raison du refus de la doctrine de la prédestination.
Augsbourg (confession d’) : La première grande confession de foi* des Eglises issues de la Réforme. Composée de 28 articles, elle a été rédigée en latin à la demande de l’empereur Charles Quint pour la Diète d’Augsbourg en 1530. On la nomme parfois Confessio Augustana, ou simplement l’Augustana, et elle fait partie des livres symboliques* de l’Eglise luthérienne.
Augustana (Confessio) : La première grande confession de foi des Eglises issues de la Réforme. Composée de 28 articles, elle a été rédigée en latin à la demande de l’empereur Charles Quint pour la Diète d’Augsbourg en 1530. On la nomme plus couramment Confession d’Augsbourg, et elle fait partie des livres symboliques de l’Eglise luthérienne.
Augustinien : Relatif à Saint-Augustin.
Axiomatique : Relatif à l’axiome, vérité indémontrable mais évidente par quiconque en comprend le sens.
23:26 Publié dans Langue théologique sauce piquante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : revue hokhma, glossaire théologique





























Ecrire un commentaire