04.06.2009

Typologie des créationismes, par S. Fath

théorie de l'évolution et religion.jpgBesoin de mieux comprendre la galaxie créationniste aux Etats-Unis? "Cela tombe bien. A l'occasion d'un superbe colloque organisé à Paris par l'IESR et l'EPHE, la semaine dernière, Sébastien Fath y a présenté une petite étude typologique dont il nous propose sur son blog, en téléchargement, le résultat provisoire.

Au cours de cette « année Darwin 2009 », le thème des relations entre la théorie de l’évolution et les religions est au cœur de toutes les discussions, des séminaires et des tables rondes nombreux qui ont été organisés à travers la France. Ce colloque se distingue en abordant la question de fond sur le plan de la recherche sur l’histoire des idées et des systèmes de pensée.

programme du colloque (PDF de 201.9 ko) Colloque de l’École pratique des hautes études (EPHE). Pour en savoir plus : le site de l’Institut européen en sciences des religions (IESR)

11.12.2008

La révolution des "megachurchs". Une recherche de Sébastien Fath

Dieu XXL.jpgA partir des Etats-Unis qui en sont le berceau, nous voyons apparaître aujourd’hui dans le monde de grandes églises qui rassemblent des effectifs nombreux et sont le signe d’une intense vie sociale. Sociologue du protestantisme évangélique, particulièrement au fait du champ nord-américain, auteur, depuis une dizaine d’années, de nombreux livres sur ces questions, Sébastien Fath vient de publier un ouvrage sur ces grandes églises, les « megachurches »: « Dieu XXL. La révolution des megachurches » (1). Avant de suivre plus avant cette analyse des « megachurches », indiquons au départ une définition qu’en donne l’auteur. « Caractérisées par la taille spectaculaire de leur sanctuaire, par une assistance hebdomadaire d’au moins 2000 fidèles et par l’offre d’une large gamme d’activités extra-cultuelles, les megachurches catalysent aussi une vie communautaire intense, très souvent autorégulée ( rôle négligeable ou nul d’une institution supra-locale). Elles sont devenues aujourd’hui les nouveaux pôles de cristallisation des foules chrétiennes… » (p.7).

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11.10.2007

Une note scientifique et citoyenne de Sébastien Fath

a5ecfe38f3888c0450f20e31d0f0ee9d.jpg blogdesebastienfath.hautetfort.com

4e1764bac7049c89020a0f43f9f71aa9.jpgLa rubrique fait divers nous le rappelle régulièrement: les chiens d'attaque, cela peut faire très mal. Ce qui est vrai dans l'univers naturel et physique vaut aussi dans l'univers métaphorique.
Des "chiens d'attaque" au service d'intérêts divers, y compris religieux, cela peut faire du dégat, même avec une simple plume, ou un clavier informatique.

En tant que chercheur, je suis bien placé pour observer, à partir du terrain que j'étudie, l'efficacité redoutable de ces "chiens d'attaque". Dans l'univers protestant évangélique, on trouve de tout en terme de relations avec les autres.
Indifférence, oecuménisme, compétition cordiale, méfiance, débat, barricades.... mais aussi, parfois, attaques virulentes en règle, y compris à l'égard de figures respectées comme l'évangéliste Billy Graham (régulièrement qualifié d'apostat, d'esclave de Rome, de loup déguisé en brebis, de franc-maçon hypocrite, sur certains sites ultra-fondamentalistes).
C'est à ce sujet délicat qu'a été consacré une analyse publiée cet été par l'éminent mensuel évangélique américain, Christianity Today (http://www.christianitytoday.com/ct/). Evoquant les "chiens d'attaque" de la chrétienté, l'auteur, David Aikman, s'interroge: "est-ce ainsi qu'il faut apporter grâce et saveur à une civilisation déclinante?" (http://www.christianitytoday.com/ct/2007/august/23.52.html)
L'auteur commence par souligner l'ampleur des invectives et des attaques venimeuses qu'a dû subir un auteur athée à succès, Sam Harris. Des attaques extrêmes qui n'ont fait que conforter ce dernier dans l'idée que les chrétiens sont des fanatiques et qu'il faut tourner la page du christianisme.
Il poursuit en observant que ces agressions verbales, de la part de polémistes évangéliques auto-proclamés défenseurs de la foi, ne s'en prennent pas seulement aux opposants du christianisme, mais aussi à d'autres chrétiens dont ils désapprouvent les positions.
Sa conclusion laisse percer une inquiétude. Soulignant que la courtoisie (civility) est menacée de partout, où va-t-on, dit-il, si les chrétiens s'en prennent les uns aux autres dans des termes comparables à la vulgarité de certains débats sur la TV cablée? Oui aux désaccords, non à l'invective, telle pourrait être la conclusion d'Aikman.
Trois remarques
Du point de vue socio-historique, cet article m'inspire trois remarques.
1/ que Christianity Today s'empare frontalement du problème confirme le fait que ces habitudes de controverse féroce, ces comportements de "chien d'attaque", ne sont pas rares aux Etats-Unis, comme nous le rappellent régulièrement les déclarations à l'emporte-pièce de l'ultra-conservateur Pat Robertson, suggérant tantôt l'assassinat d'Hugo Chavez, tantôt la punition de Dieu sur Ariel Sharon.
2/ cet article confirme aussi qu'il y a débat interne. Beaucoup d'évangéliques (dont la "ligne" défendue par Christianity Today) désapprouvent la controverse agressive. Mais d'autres, persuadés de leur bon droit, continuent mordicus à la pratiquer via leur presse ou via internet, suscitant d'âpres débats inter-évangéliques.
3/ ces réflexions illustrent aussi la prise de conscience croissante par les évangéliques, aux Etats-Unis, qu'ils sont minoritaires (bien que puissants), très observés, et qu'ils ne sauraient se permettre des postures agressives et caricaturales sous peine de se décrédibiliser totalement.
A partir de ces pistes, il serait intéressant de voir comment les choses se passent sur la terrain protestant évangélique français (presse, radios, sites internet).